75 % reconnaissent que les transformateurs laitiers soutiennent les producteurs laitiers dans leur transition vers plus de durabilité
Lors de la table ronde organisée dans le cadre de l'assemblée générale annuelle de la CBL, la question de la durabilité a également été au cœur des débats. Le public a été invité à se prononcer sur la question suivante : les entreprises laitières en font-elles assez pour aider les producteurs laitiers à adopter des pratiques plus durables? 25% ont répondu que les transformateurs laitiers apportaient bel et bien un soutien suffisant à leurs producteurs laitiers. 50% estiment que des mesures importantes sont déjà prises, mais qu’il est toujours possible de faire mieux. 28% ont indiqué que les efforts actuels ne sont pas encore suffisants. Mais que font concrètement les transformateurs laitiers ?
Dans les sites de transformation
Pour la CBL et ses membres, la durabilité est un concept large. Il n’existe pas de solution standard qui convienne à toutes les entreprises ou à tous les producteurs laitiers. C’est pourquoi les transformateurs laitiers prennent chacun des mesures à leur manière, tant au niveau de leurs propres processus de production que dans le cadre de leur collaboration avec les producteurs laitiers.
Des progrès sont réalisés sur les sites de transformation mêmes. Les entreprises laitières réduisent systématiquement leur consommation d’énergie et d’eau ainsi que leurs émissions de CO₂. Au cours des dix dernières années, ces paramètres ont tous diminué de 27% par litre de lait transformé. Par ailleurs, 35% de l’eau utilisée provient désormais de sources alternatives et les efforts se poursuivent pour mettre au point des emballages plus durables. Les pertes alimentaires restent également limitées : une analyse récente de la CBL montre que seulement 1,06% de la production totale est perdue. De plus, 73% de ces pertes sont valorisées sous forme d’aliments pour animaux, ce qui constitue la meilleure utilisation possible après la consommation humaine.
Pour leurs producteurs laitiers
L'Assemblée générale a principalement porté sur le soutien apporté aux producteurs laitiers dans leur transition vers le développement durable. Il y a deux ans, la CBL et ses membres se sont engagés, par le biais de la Charte de Durabilité de MilkBE, à accompagner activement les producteurs laitiers dans cette démarche. Ce soutien se concrétise aujourd'hui à travers trois grands axes.
En savoir plus sur l'avancement de la Charte.
1. Partager ses connaissances et ses idées
Grâce au 'Moniteur de durabilité' numérique renouvelé, les producteurs laitiers ont désormais une vue d’ensemble de plus de 70 critères de durabilité. Par ailleurs, l’accent est mis sur des projets de recherche, des ateliers ou des formations, portant par exemple sur le stockage du carbone dans le sol ou le climat. Des outils et des analyses aident également les producteurs laitiers à agir de manière plus ciblée. Les analyses climatiques individuelles en sont un bon exemple. En 2025, 1.839 scans climatiques ont été réalisés auprès des producteurs laitiers belges, ce qui représente environ 33% de l’ensemble des exploitations laitières. Cela correspond à une augmentation de 15% en l’espace d’un an.
2. Primes et programmes de durabilité
De nombreuses entreprises laitières récompensent les producteurs laitiers pour leurs efforts concrets en matière de développement durable. Cela se fait souvent par le biais de systèmes de points, de primes ou de programmes spécifiques, en fonction des priorités de l'entreprise. Certaines mesures, telles que l'utilisation d'aliments réduisant les émissions de méthane, bénéficient également d'un soutien ciblé. À l’heure actuelle, 77% des producteurs laitiers belges peuvent prétendre à une prime de durabilité. Celle-ci s’ajoute au prix standard du lait et à d’autres primes, par exemple celles liées à la qualité.
3. Créer de la valeur ajoutée et la commercialiser
Les transformateurs laitiers misent également sur le développement et la commercialisation de flux laitiers spécifiques et durables. Ils peuvent ainsi répondre à la demande du marché et à la volonté des clients et des consommateurs de payer pour la durabilité. Selon la CBL, les détaillants ont également un rôle important à jouer à cet égard. Ce n’est que lorsque la valeur ajoutée sera visible jusqu’au consommateur que le producteur laitier pourra en être correctement récompensé.
Exemples concrets
Lors de l'assemblée générale, plusieurs entreprises laitières ont pris la parole. FrieslandCampina a ainsi indiqué qu'elle fonctionnait selon un système de primes basé sur des engagements de résultats, axé à la fois sur le climat, le bien-être animal et la biodiversité. L'accent est mis sur l'accompagnement des produecteurs laitiers dans leurs choix, en fonction des spécificités de leur exploitation. Solarec dispose également d'un programme de développement durable depuis 2019 et encourage l'utilisation d'aliments réduisant les émissions de méthane. Les deux entreprises ont également conclu qu'il était essentiel de mettre en avant cette dimension durable, de miser sur la valorisation et d'obtenir un prix plus élevé sur le marché.
Découvrez l'histoire d'Inex et d'Arla à l'occasion des MilkBE Awards de la Durabilité
La politique doit miser sur la sécurité juridique
Les deux ministres de l’Agriculture ont reconnu l’importance du soutien que reçoivent les producteurs laitiers de la part du secteur de la transformation. Pour la CBL, un cadre politique stable et garantissant la sécurité juridique, assorti de règles claires pour l’avenir, reste avant tout essentiel. Le ministre Brouns a confirmé ce besoin d’une politique prévisible et a souligné que chaque euro d’aide flamande devait être "vert". Selon lui, les scans climatiques jouent également un rôle clé. Il s’est montré optimiste quant à la possibilité de maintenir l’agriculture dans des limites écologiques, notamment grâce au soutien des transformateurs laitiers.
La ministre Dalcq a quant à elle plaidé en faveur d’une réduction des charges administratives pour les producteurs laitiers. Selon la directrice Lien Callewaert, la nouvelle version numérique du "Moniteur de durabilité" répond précisément à ce besoin. Par ailleurs, Mme Dalcq voit également des opportunités dans les crédits carbone et les unités de micro-biométhanisation, des pistes que les pouvoirs publics souhaitent continuer à soutenir.