Alors que la COP30 hésite, le secteur laitier montre la voie

10.12.2025

Le 21 novembre, la conférence sur le climat au Brésil s'est achevée par un accord sur les mesures climatiques mondiales. Bien que cet accord constitue un pas en avant, des voix critiques se font également entendre, notamment sur la limitation progressive des combustibles fossiles. L'IDF (Fédération internationale de laiterie) n'avait toutefois pas besoin d'un accord international pour montrer, lors de deux événements parallèles à la COP30, les mesures prises par le secteur laitier pour contribuer aux objectifs de développement durable.  Mais comment le secteur s'y prend-il exactement et comment cela se traduit-il en Belgique ?  

 

Nourrir des milliards de personnes, soutenir des millions d'autres

Le secteur laitier joue un rôle crucial à l'échelle mondiale en tant que source essentielle de nourriture, de soutien économique et de gestion environnementale. À l'échelle mondiale, le secteur fournit des nutriments importants à 6 milliards de personnes et soutient les revenus de près d'un milliard de personnes dans environ 130 millions d'entreprises laitières. En Belgique, cela concerne environ 5 640 producteurs laitiers et plus de 6 000 employés dans l'industrie laitière.

À travers le “ Global Dairy Commitment”, l'IDF s'engage à transformer le secteur de manière durable et responsable, en tenant compte des personnes et de la planète. L'organisation de branche belge MilkBE a également adopté une Charte de durabilité, qui définit une vision claire et des engagements concrets pour rendre le secteur plus durable.

 

Contribution limitée aux émissions totales

La production de lait (et indirectement de viande) est responsable d'environ 4 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine. En Belgique, les chiffres par secteur sont moins détaillés, mais l'agriculture dans son ensemble représente 11 % des émissions totales. À titre de comparaison, l'industrie représente 44 % et les transports 25 %. 

 

Bron: klimaat.be

 

Réduire davantage les émissions

Néanmoins, le secteur continue à s'engager en faveur de la réduction des émissions. Au niveau mondial, les émissions liées à la production d'un litre de lait cru ont déjà diminué de 11 % entre 2005 et 2015. Selon une étude de la KUL, les émissions liées à la production de lait en Belgique ont même diminué de 30 % au cours des 20 dernières années (2000-2020). 

Mais il reste encore une marge d'amélioration. Selon l'IDF, les émissions varient considérablement entre les régions et les systèmes de production, allant d'environ 1 à 2 kg d'équivalent CO₂ par kg de lait. C'est également ce que confirment les chiffres récents du scan climatique flamand “Klimrek” : les émissions moyennes s'élèvent à environ 1 kg d'équivalent CO₂ par litre de lait sur la base de 550 scans. Mais il existe une nette disparité : certaines exploitations obtiennent des résultats moins bons, mais une grande partie des agriculteurs obtiennent des scores bien inférieurs. Ceux-ci se révèlent particulièrement efficaces dans la gestion de l'alimentation, ont une production laitière élevée et gèrent bien leur bétail. Le suivi systématique des émissions de son exploitation incite également le producteur laitier à réduire continuellement son empreinte carbone. 

 

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Bron: Klimrek Melkvee: Klimaatimpact in beeld: Benchmarkanalyse t.e.m. boekjaar 2024 https://doi.org/10.71493/acc1c5eb-47ba-4e9a-8120-1241db597dc4

 

Les vaches sont des ‘upcyclers’

La réduction des émissions n'est pas le seul aspect de la durabilité. Une grande partie des terres agricoles n'est pas adaptée à la production de matières premières destinées à la consommation humaine, comme les prairies. Au niveau mondial, cela représente environ 1,3 milliard d'hectares, soit un quart de toutes les terres agricoles. Les vaches transforment cette herbe non comestible en lait riche en nutriments. En Belgique, environ un tiers des terres agricoles sont des prairies permanentes

En outre, le secteur contribue également à la gestion des paysages, à la promotion de la biodiversité ou à la production d'énergie verte. Ce rôle plus large des producteurs laitiers ne doit pas être perdu de vue dans le débat sur le climat et l'agriculture.

 

 

Sources
Jolien

Jolien Willems

Advisor Sustainability & Communication
jolien.willems@bcz-cbl.be