Vache heureuse, producteur heureux – comment le secteur laitier garantit le bien-être animal

15.10.2025

Le 4 octobre, nous avons célébré la Journée mondiale des animaux - l'occasion idéale pour rendre hommage à l'animal qui est au cœur de notre secteur : la vache.
Pour les producteurs laitiers, tout tourne autour de leurs animaux. Ils s'occupent de leur troupeau jour et nuit, car une vache en bonne santé et heureuse est la base d'un lait de qualité et constitue donc leur bien le plus précieux. Comment notre secteur gère-t-il cette question ? Comment cela est-il contrôlé ? Quelles sont les règles, quels sont les contrôles prévus et comment pouvons-nous encore encourager cela au niveau sectoriel ? Que faisons-nous déjà aujourd'hui et que voyons-nous pour l'avenir ? Voici un petit aperçu.

 

La loi comme base

La notion de bien-être animal repose sur cinq libertés fondamentales : être à l'abri de la faim et de la soif, de l'inconfort, de la douleur ou de la maladie, de la peur et du stress, et pouvoir exprimer son comportement naturel.

Ces principes sont au cœur de la législation européenne et belge depuis 1986. Depuis 2014, les régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) sont compétentes en matière de bien-être animal, chacune disposant de son propre code de bien-être animal. Outre les normes minimales prévues par la réglementation européenne, ces règles stipulent notamment que les vaches doivent disposer de suffisamment d'espace, de lumière, d'air et d'abris et ne peuvent être attachées en permanence.

 

Sous contrôle

Le respect de ces règles est contrôlé en Belgique par le cahier des charges "Codiplan Animal Welfare" (CAW). Tous les trois ans, des organismes indépendants vérifient si les exploitations respectent les normes en matière d'hébergement, de soins, de transport et d'abattage. Des audits inopinés sont également possibles. Le cahier des charges exige par exemple que les vaches disposent de suffisamment d'espace pour manger, boire et se reposer, et qu'elles bénéficient d'un éclairage et d'une aération suffisants. Aucun objet tranchant ne doit être présent et aucune intervention spécifique non autorisée ne doit avoir lieu. Le transport d'animaux malades ou blessés est également interdit, et l'abattage doit toujours être effectué sous anesthésie.

 

Le secteur laitier va au-delà de ses obligations

Le secteur laitier place la barre encore plus haut avec le cahier des charges QFL (Integrale Kwaliteitszorg Melk). Celui-ci garantit non seulement la qualité du lait, mais accorde également une attention particulière à la santé et au bien-être des animaux. La QFL permet de contrôler les dispositions légales, mais aussi de garantir une série d'aspects allant au-delà des exigences légales. Un audit indépendant est réalisé tous les trois ans. Plus de 99 % des exploitations laitières belges sont certifiées QFL. Le contrôle se concentre sur :

  • Logement : espace suffisant, ventilation, litière propre et libre accès à la nourriture et à l'eau.
  • Soins : soins réguliers des sabots, absence d'objets tranchants, hygiène suffisante et absence d'interventions douloureuses sans anesthésie.
  • Alimentation & eau : qualité contrôlée et traçabilité.
  • Santé : enregistrement correct, prévention des maladies et utilisation réfléchie des médicaments.

 

Le bien-être animal comme élément de la durabilité

Dans le moniteur de durabilité — le programme sectoriel qui suit les efforts allant au-delà des exigences légales —, la santé et le bien-être des animaux occupent également une place importante avec 18 critères. Ici aussi, un audit triennal est prévu ou les données sont automatiquement extraites d'autres sources. Ces données constituent une incitation nécessaire pour les producteurs laitiers grâce à un benchmarking par rapport à la moyenne du secteur ou à d'éventuelles primes versées par les entreprises laitières.

Le secteur affiche des progrès concrets, comme le montrent les chiffres suivants :

  • 83% travaillent avec un vétérinaire d'entreprise attitré pour suivre les vaches.
  • 77% des exploitations laitières disposent d'une étable moderne à stabulation libre offrant suffisamment de lumière, d'air et d'espace (au moins 40 m³ par vache).
  • 58% placent des brosses à vache qui massent la peau, répondent à leur besoin naturel de se frotter, mais stimulent également la circulation sanguine et nettoient le pelage.
  • 83% travaillent avec un vétérinaire d'entreprise attitré qui suit le troupeau.
  • 93% participent à des programmes de lutte contre les maladies animales

En outre, des chiffres tels que la durée de vie, l'élevage des veaux et le taux de remplacement font l'objet d'un suivi structurel, ce qui constitue une base importante pour poursuivre les améliorations.

 

L'avenir : outils et technologie  

Si nous regardons vers l'avenir, nous constatons que de plus en plus de producteurs laitiers (16 % en 2024) utilisent des outils pour mesurer objectivement et améliorer le bien-être de leurs vaches. La recherche y contribue également : les projets liés à la santé des sabots et à leur détection précoce sont de plus en plus sophistiqués, par exemple Clawcare.

Une thèse récente de Maarten Perneel (UGent) montre même comment l'IA et les images vidéo peuvent reconnaître des comportements anormaux, tels que la boiterie ou la maladie, avant même que l'éleveur ne les remarque, mais aussi détecter la période de rut ou les mises bas imminentes. Cela crée une sorte d'assistant intelligent qui surveille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et contribue à la santé et au bien-être des vaches.

L'engagement en faveur du bien-être animal n'est donc pas nouveau, mais constitue un processus constant et le cœur d'un secteur laitier durable.  Car un agriculteur qui prend bien soin de ses vaches obtient non seulement un lait de qualité, mais aussi la satisfaction d'avoir des animaux en bonne santé et heureux.

Jolien

Jolien Willems

Advisor Sustainability & Communication
jolien.willems@bcz-cbl.be